Protection des busards dans le Loiret

 

L’association Perma-plumes protège les 3 espèces de busards susceptibles de nicher dans les champs cultivés : Busard Saint Martin (Circus cyaneus), Busard cendré (Circus pygargus), et Busard des roseaux (Circus aeruginosus) dans le département du Loiret. 

Ces espèces sont toutes protégées, il est interdit de les détruire, de les déranger, de les détenir etc. Ils sont classés sur la liste rouge de l'UICN. Le Busard Saint Martin est classé "quasi-menacé", le Busard cendré "vulnérable" et le Busard des roseaux "en danger" en région Centre Val de Loire. Ces espèces sont classées en danger critique dans d'autres régions de France. Il est donc plus qu'urgent de continuer à agir pour eux ! 

Le suivi a lieu d'avril à août. Au cours des mois d’avril et mai, les couples sont repérés sur leur parcelle de reproduction, par observation à distance. Nous prenons ensuite contact avec les agriculteurs à cette période, afin de solliciter leur accord pour que nous puissions accéder à la parcelle et repérer l’emplacement du nid. Nous tenons informer les exploitants de la découverte d’un nid, et ils nous renseignent sur les dates de moissons afin de nous organiser pour la pause des cages de protection. 

Notre objectif est de concilier le travail agricole avec la protection des nichées et donc d'avoir un impact le plus négligeable possible sur la récolte. Nous remercions tout particulièrement les agriculteurs nous permettant de protéger les nids se situant dans leurs champs ! 

Chaque semaine, nous surveillons le bon déroulement de la nidification par l’activité des adultes lorsque les poussins sont encore au nid. Nous sommes particulièrement vigilants vis-à-vis des risques météorologiques (risque de verses du blé par exemple), et de la prédation animale ou humaine. La surveillance des sites est accrue au mois de juin et de juillet, lors des moissons et lorsque nous installons des dispositifs de protection autour des nids.
En période de post moissons, nous suivons les sites jusqu’à l’envol des jeunes et leur émancipation, qui a lieu le plus souvent entre mi-juillet et début août. 


Si vous êtes intéressés pour rejoindre notre équipe de bénévoles, n'hésitez pas à nous contacter sur [email protected]

Bilan des oiseaux protégés en 2023 : 

 

En 2023, nous avons mis en protection 7 nichées de busards (5 nichées de Busard Saint Martin et 2 nichées de Busard cendré). Ce qui représentait 19 jeunes busards Saint Martin et 6 jeunes busards cendrés. 

Malgré les protections mises en place et tous nos efforts, tous les busards juvéniles n’ont pas survécu après les moissons et à l’envol. Fin juillet, nous comptabilisons l’envol et l’émancipation de 11 jeunes busards Saint Martin et 3 jeunes busards cendrés. 

Nous avons repéré au total 9 couples de busards, un couple de Busard cendré s’est retrouvé en échec de nidification suite à la verse de la parcelle d’orge où il semblait nicher, et un couple de Busard St Martin a été repéré en post moisson (1 jeune Busard Saint Martin volant et une femelle adulte avec un comportement territorial).

Nous pouvons noter l’acheminement de deux jeunes Busard Saint Martin d’environ 25 jours au centre de soins de la faune sauvage de l'Yonne (CSOS89) après la découverte de la femelle morte sur nid au moment où nous voulions installer la cage de protection. Celle-ci présentait des blessures multiples à la tête, laissant penser à une prédation par un renard ou un canidé.

Autre point de vigilance pour nous, nous avons constaté une mortalité suspecte sur plusieurs jeunes busards au moment de l’envol après moisson de la parcelle, où nous avions laissé les cages de protection (deux nids concernés). Un examen et une autopsie ont été réalisés par l’OFB45, mais n’ont pas pu déterminer la cause de mortalité des décès successifs. 



Bilan des oiseaux protégés en 2024 : 


En 2024, nous avons mis en protection 8 nichées de busards (3 nichées de Busard Saint Martin et 5 nichées de Busard cendré). Ce qui représente 7 jeunes busards Saint Martin et 15 jeunes busards cendrés sauvés par les protections.

Début août, nous comptabilisons l’envol et l’émancipation de 23 jeunes busards Saint Martin (dont 7 protégés, les autres observés mais non protégés) et 15 jeunes busards cendrés, tous protégés car non volants au moment de la moisson.

Nous avons repéré au total 22 couples de busards, avec malheureusement quelques nids en échec : 1 nid de busards cendrés et 2 nids de busards des roseaux.

Nous avons acheminé 2 jeunes busards Saint Martin d’une dizaine de jours, particulièrement affaiblis au CSOS89. L’un d’entre eux est mort le lendemain, le second a pu être élevé et relâché en taquet.

Les moissons ont été tardives, fin juin pour les orges et entre mi-juillet et parfois fin juillet pour les blés. Tous les nids repérés sur blé n’ont pas été protégés car les jeunes avaient le temps d’être volants avant les moissons. Seules les nichées repérées sur les orges d'hiver ont toutes été protégées.


Bilan des oiseaux protégés en 2025 : 


En 2025, nous avons mis en protection 12 nids de busards sur 17 nids repérés au total. Nous avions identifié 7 nids de busards cendrés et 10 nids de busards Saint Martin.

Sur les 7 nids de busards cendrés, 4 nichées de poussins ont été protégées, les 3 autres nids ayant été prédatés avant la mise en protection. Sur les 10 nids de busards Saint Martin, 8 nids ont été protégés, les 2 autres ayant été détruits avant leur mise en protection.

Parmi ces nids de Busard Saint Martin mis en protection, nous avons posé 6 cages sur poussins et piqueté 2 carrés non moissonnés de 10 x 10m sur des œufs, ayant malheureusement toujours entraîné l’abandon de ceux-ci après la moisson.

Au total, nous avons recensé l’envolée de 12 jeunes busards cendrés ainsi que l’envolée de 14 busards Saint Martin en fin de saison, grâce à leur mise en protection et à la surveillance des nids.

Les moissons de cet été 2025 ont été extrêmement précoces : les moissons sur orge d’hiver ayant débuté autour du 20 juin, et celles du blé tendre, blé dur et orge de printemps dès le 1er juillet ! Or les busards ne s’étant pas spécialement installés tôt au printemps, les poussins étaient très jeunes au moment des moissons. 97 % d’entre eux avaient moins de 15 jours à la pose de la protection !